RECTO-COLITE ULCERO-HEMORRAGIQUE (RCUH)

La localisation des lésions est différente de celle de la maladie de Crohn : uniquement le rectum et le côlon, jamais au-delà. La maladie est parfois localisée uniquement au rectum (proctite ou rectite) et est moins grave que les formes s’étendant au côlon gauche et surtout que les formes s’étendant à tout le côlon. Les lésions affectent uniquement la muqueuse et pas la paroi : il s’agit d’une fragilité de la muqueuse enflammée et à un stade plus avancé d’érosions et d’ulcérations.

 

Les symptômes consistent en diarrhée avec présence de mucus (glaires) et de sang, et en coliques précédant les émissions. Une anémie avec altération de l’état général peut survenir, surtout dans les dormes étendues au côlon gauche ou à tout le côlon.

 

Des symptômes extra-intestinaux peuvent survenir comme dans la maladie de Crohn : douleurs dans les articulations, manifestations cutanées (notamment une infection grave et localisée de la peau : Pyoderma gangrenosum) et la maladie est rarement associée à une maladie du foie : la cholangite sclérosante primitive.

 

Les complications sont rarement une dilatation toxique du côlon (due à un toxique secondaire à l’inflammation) et dans les formes étendues à tout le côlon ou au côlon gauche, la survenue après plus de 10 ans de lésions précancéreuses (dysplasie) et parfois de cancers du côlon (d’où intérêt d’une surveillance avec suivi régulier).

 

Le diagnostic est basé sur l’aspect des lésions à l’endoscopie (rectosigmoïdoscopie, colonoscopie) et à l’examen microscopique (biopsies) après avoir exclu initialement une recto-colite infectieuse (par culture des selles).

 

Le traitement médical comprend la sulfasalazine(Salazopyrine®) et son dérivé mésalazine (Asacol®, Claversal®, Colitofalk®, Pentasa®). Dans les atteintes du rectum et du côlon gauche, la mésalazine administrée respectivement en suppositoires et lavements ou mousses a un effet anti-inflammatoire beaucoup plus puissant qu’administrée par la bouche en dragées entérosolubles (se libérant dans l’intestin) dans les poussées de la maladie. Lors de la rémission ces médicaments peuvent s’administrer par la bouche et ils permettent de diminuer le risque de récidive et peut-être, d’après certaines études, de prévenir l’éclosion de lésions précancéreuses à long terme.

 

Dans les poussées plus graves affectant le côlon gauche ou tout le côlon, les corticostéroïdes sont très efficaces et doivent parfois être administrés par perfusions intraveineuses associées à des transfusions (hospitalisations). Dans les formes les plus graves évoluant vers la rémission grâce à ce traitement, les immunosuppresseurs azathioprine (Imuran®) et 6-mercapto-purine (Purinethol®) sont efficaces pour prévenir la récidive. Dans certaines poussées très graves en hospitalisation, un manque de réponse thérapeutique aux corticostéroïdes après 5 jours, peut justifier l’emploi prudent de ciclosporine en perfusions ou infliximab(Remicade®) pour éviter la chirurgie si possible.

 

Le traitement chirurgical est indiqué en cas de poussées graves répétées ou en cas de résistance au traitement médical ou complications. Il consiste à réséquer tout le côlon et le rectum et à réaliser en un ou deux temps un réservoir en J constitué par la fin du petit intestin. Ce réservoir est anastomosé (soudé) au canal anal dont les muscles assurant la continence (« sphincters ») ont été préservés. On constitue ainsi un nouveau rectum. La maladie est en principe guérie mais dans environ 1/3 des cas, il peut survenir une inflammation du réservoir (« pochite ») qui est toutefois beaucoup moins grave que la maladie initiale et répond bien au métronidazole (Flagyl®).