Une intervention dans la maladie de Crohn n’est indiquée qu’en cas de complications, parce que même l’ablation complète de toute la partie enflammée de l’intestin ne prévient pas une rechute par après et donc, ne guérit pas la maladie. C’est pourquoi les principes chirurgicaux suivants sont valables: l’intervention qui offre le plus de sécurité est la meilleure et toute lésion visible doit être éliminée lors d’atteinte élargie de l’intestin. Cela se passe au moyen d’une résection[1] « épargnante » pour l’intestin et/ou au moyen d’une stricturoplastie (élargissement d’un rétrécissement sans exérèse[2] d’un segment d’intestin).

Le but de la chirurgie est donc de résoudre les symptômes (les troubles) d’une façon sécurisante et d’améliorer la qualité de vie tout en assurant une conservation maximale de la longueur de l’intestin.

 

Pour les rétrécissements est/sont exécutée(s) une résection la plus limitée possible et/ou plusieurs stricturoplasties.

 

 

 

 

Lors d’une stricturoplastie, un rétrécissement (la plupart du temps plus court) est élargi sans exérèse du segment intestinal touché.

 

 


A côté de cela, il existe des complications de la maladie avec perforation: abcès, fistules entre différents segments de l’intestin entre eux ou entre l’intestin et la vessie, le vagin ou la peau. En cas d’abcès ou d’inflammation prononcée, ce mal est d’abord « calmé » au moyen d’antibiotiques. Un abcès plus important sera drainé sous accompagnement d’échographie ou de scanner CT. Après, suit la résection d’un segment intestinal enflammé qui était la source de l’abcès. En cas de maladie avec fistule, sans abcès, il n’y a pas lieu de « calmer », et l’on passe à la résection du segment intestinal originel infecté, avec fermeture simultanée de l’ouverture dans l’organe dans lequel la fistule a son orifice.

Après une intervention, l’incapacité temporaire de travail se monte à environ un mois (tout dépend de l’état général antérieur à l’opération). Une importante amélioration de la qualité de vie s’ensuit. Mais il peut aussi naître des problèmes. Ainsi parfois juste après l’intervention, la fuite d’une suture peut survenir lors de la convalescence à l’hôpital. La diarrhée peut aussi poser problème, surtout après résection du transit iléocolique (cf. diarrhée de sels biliaires).

Enfin, il survient, après une intervention, chez la majorité des patients, une rechute (récidive) plus ou moins prononcée de la maladie. Voilà pourquoi, il peut être indiqué d’instaurer après l’intervention, un traitement médical préventif.

Environ la moitié des patients souffrant de la maladie de Crohn ont, pendant le déroulement de la maladie, une atteinte à l’anus: fissures, ulcérations, fistules et abcès, rétrécissements (sténoses). Le traitement est souvent difficile et de longue durée. Il y a aussi fréquemment récidive de la maladie. Dans la plupart des cas, un traitement médical suffit. Seuls les abcès doivent être drainés par voie chirurgicale. Après cela, naît alors une fistule dans laquelle est amené un fil (seton, tress) jusqu’à disparition de toute infection. Les fistules guérissent souvent par le fait d’un traitement anti-TNF- qui a aussi un effet sur d’autres localisations de la maladie. Si les fistules ne guérissent pas de façon satisfaisante et continuent à causer beaucoup d’ennuis (par exemple, la fistule recto-vaginale), elles peuvent être refermées chirurgicalement en une ou plusieurs tentatives, toutefois pas sans être sous la protection d’une stomie temporaire.

Beaucoup de patients souffrant d’une maladie inflammatoire (MICI) sont sans raison apeurés à l’idée d’une stomie. En cas d’atteinte anale complexe par la maladie de Crohn, avec atteinte limitée du rectum, il peut être indiqué de détourner temporairement les selles via une stomie temporaire (ouverture artificielle pratiquée sur l’intestin) de sorte qu’ensuite une ou plusieurs interventions puissent être exécutées sur l’anus avec une meilleure chance de guérison.

La chance ou le risque selon lesquels, dans la maladie de Crohn, une stomie définitive doive être constituée sont principalement déterminés par la gravité et la répercussion fonctionnelle de l’atteinte du rectum (rectite), et dans une moindre mesure, par la présence d’inflammation du gros intestin (colite) ou de l’anus.

 

La plupart du temps, l’incontinence fécale et, rarement, l’apparition de dégénérescence (enflure maligne) est la raison qui pousse à la constitution d’une stomie définitive. Lorsque le rectum et l’anus doivent être écartés, tandis que le reste du gros intestin est (relativement) sain, on procède à une colostomie. Si le gros intestin aussi est complètement touché, il doit aussi être enlevé avec constitution d’une iléostomie définitive.

 

Lorsque l’on doit constituer une stomie, il est indiqué que la patient soit vu et suivi par un prestataire de soins spécialisé en stomatologie, tant avant qu’après l’intervention. Avant l’intervention, l’endroit de la stomie doit être déterminé de manière telle qu’après l’intervention, elle puisse sans obstacle faire l’objet des soins nécessaires. Des « patients à stomie » qui sont suivis par un prestataire de soins spécialisé en stomatologie ont une qualité de vie meilleure que des patients non accompagnés.

[1] Résection: intervention chirurgicale qui consiste à enlever une partie (généralement volumineuse) d’un organe (dans ce cas, l’intestin).

[2] Exérèse: ablation chirurgicale. C’est le fait d’enlever, de retirer « hors de ».