• Effet de la maladie sur la grossesse

D’une manière générale, on peut valablement penser que la grossesse d’une patiente ayant la RCUH ou la maladie de Crohn se déroulera normalement. Avant de penser à la grossesse, une des conditions les plus importantes est que la maladie soit en rémission (pas d’activité de la maladie). Si cela ne peut être obtenu que par l’ingestion de médicaments, il y a intérêt à ce que cette thérapie soit continuée de manière ininterrompue pendant la grossesse. Si la patiente connaît une crise de sa maladie, la chance de « tomber » enceinte est moins grande par le fait de la détérioration de l’état général et parce que, dans la maladie de Crohn, les oviductes peuvent être impliqués dans le processus d’inflammation.

Si pourtant, dans ce cas, une fécondation a lieu, le risque de complications durant la grossesse est légèrement augmenté. L’état de santé moyen et l’appauvrissement sanguin peuvent avoir une influence sur le développement de l’enfant.

Une bonne concertation avec le médecin traitant et le gynécologue est certainement souhaitée dans ce cas.

  • Influence de la grossesse sur la maladie de Crohn

L’influence de la grossesse sur l’inflammation intestinale est plutôt impossible à prédire. En général, il est acquis qu’en présence de peu d’activité de la maladie, la maladie de Crohn n’a pas d’effet sur la grossesse.

Aux 2e et 3e trimestres (du 3e au 9e mois) de la grossesse, on voit même très rarement survenir une récidive ou une rechute, car la propre production de cortisone par l’organisme augmente, et cela prémunit la femme enceinte contre une crise. Parfois, après la naissance, l’activité de la maladie augmente quelque peu; toutefois, dans la plupart des cas, on peut rapidement, par la médication, réprimer cette « petite poussée ». Encore faut-il y être préparé, et réagir vite s’il survient de nouveaux troubles après l’accouchement.

Si pourtant la patiente « tombe » enceinte pendant une période où l’activité de la maladie est en hausse (ce qui, comme il a été dit, est plutôt rare), alors, chez 80 % des patientes, l’inflammation intestinale deviendra sévère pour toute la durée de la grossesse. Le conseil est dès lors de chercher à tomber enceinte uniquement dans une période de rémission ou de bon état général avec peu ou pas d’activité de la maladie.

  • La maladie a-t-elle une influence sur la fécondité de l’homme?

La maladie comme telle n’a pas d’influence sur la fécondité de l’homme. Mais bien un traitement avec de la sulfasalazine (Salazopyrine ®). Par le fait de ce traitement, on trouve chez un pourcentage élevé d’hommes, des anomalies dans le sperme, qui rendront l’homme moins fertile ou même stérile. Cette stérilité est cependant temporaire et se rétablit endéans les deux mois qui suivent l’arrêt de la sulfasalazine. La fécondité n’est pas amoindrie en cas de recours à un médicament contenant du 5-ASA.

  • Quid de l’usage de médicaments durant la grossesse?

On essaie toujours, durant la grossesse, d’éviter, dans la mesure du possible, l’usage de médicaments. Toutefois, il est souvent nécessaire de continuer l’usage de médicaments durant la grossesse pour prévenir une nouvelle crise. Comme on l’a déjà indiqué précédemment, une rechute de la maladie est beaucoup plus dommageable pour la mère et l’enfant que le traitement par médicaments. La médication est donc importante la plupart du temps soit pour traiter une récidive, soit pour la prévenir dans la mesure du possible. Il est aussi de rigueur ici que la femme entretienne toujours une concertation de confiance avec le médecin traitant, le gynécologue et le gastro-entérologue.

La grossesse est possible même lorsqu’est nécessaire une médication d’entretien pour la maladie de Crohn ou la RCUH. Des questions sur la grossesse, l’éventualité de donner le sein et la médication doivent toujours être discutées avec les médecins, vu qu’aucun avis général ne peut être donné.

  • Y a-t-il grand risque d’une césarienne?

Dans la plupart des cas, une femme ayant la maladie de Crohn ou la RCUH accouchera normalement, et le risque d’une césarienne n’est pas plus élevé que pour d’autres femmes. Ce n’est que s’il est question de sévères fissures anales ou des fistules à l’anus, chez une patiente de la maladie de Crohn, ou d’une antérieure opération « pouch » chez une patiente de la RCUH, que l’on est plus vite enclin à procéder à une césarienne.

  • Puis-je donner le sein?

En général, les femmes affectées d’une MICI peuvent donner le sein, mais vu qu’à ce sujet, on ne peut donner aucun avis de portée générale, la question de savoir si l’on peut donner le sein et la prise de médicaments doivent toujours être débattues avec le médecin.

  • Comment accoucher?

Chez la plupart des « patientes MICI » l’accouchement peut se faire par voie naturelle. Cependant l’accouchement vaginal comporte un risque indéniable de déchirure intestinale et sphinctérienne, et de détérioration (par hypertraction) de la ligature des muscles de fermeture et des muscles du périnée. Cela peut avoir pour conséquence de l’incontinence. Les « patients MICI » ont souvent une consistance de selles amoindrie (selles diarrhéiques) qu’il est plus difficile d’arrêter que des selles fermes.

C’est pourquoi, une césarienne est à conseiller en cas de :

  • inflammation du gros intestin (colite) ou du rectum (rectite);
  • maladie de Crohn à hauteur de l’anus et/ou du rectum;
  • continence déjà inférieure à l’optimum (présence d’incontinence limitée);
  • diarrhée chronique ou une réelle possibilité qu’une diarrhée chronique puisse survenir dans l’avenir;
  • anastomose iléale ou « pouch-anale »;
  • réparation antérieure d’une déchirure au sphincter.

Pour bien faire, une césarienne doit être planifiée, et ne pas être exécutée en situation d’urgence lorsque le travail et l’engagement dans le canal de la naissance sont déjà entrepris.