L’opération standard est l’ablation de tout le gros intestin, y compris le rectum, avec la constitution d’un intestin grêle réservoir (iléostomie), qui est alors relié à l’anus avec une ouverture (stoma) dérivative artificielle sur l’intestin grêle au-dessus du réservoir (pouch). Cela a donc comme conséquence qu’environ un litre d’humeur intestinale de l’intestin grêle doit être évacuée par jour. Le pouch iléal acquiert, après une durée allant de quelques semaines à des mois, une capacité de 200 à 300 ml de sorte que ces patients, après une anastomose iléale pouch anale ont par jour généralement cinq à six défécations, dont une est aussi possible la nuit. Pour la nuit également, on peut prévenir une maculation très limitée du linge, en portant un protège-slip.

A court ou à long terme, le réservoir iléal peut aussi s’enflammer (pouchite). Dans la plupart des cas, un traitement médicamenteux peut assumer valablement ce problème, mais il peut se répéter. C’est surtout pour cette raison que la constitution d’une poche iléale doit finalement être écartée chez 10 % des patients. Sur le long terme, en conséquence des symphyses[1], peuvent aussi survenir des obstructions de l’intestin grêle qui exigent une réintervention chez environ 10 à 20 % des patients.

Les symphyses dans le petit bassin peuvent aussi avoir pour conséquence chez la femme l’infertilité; c’est pourquoi, dans la mesure du possible, cette intervention doit, pour le mieux être exécutée après une éventuelle grossesse. Si, pour des raisons médicales, ce n’est pas possible, on peut envisager d’éviter la chirurgie dans le bassin et (en dernier recours) d’épargner le rectum (si celui-ci n’est pas trop atteint), et de relier l’intestin grêle au rectum.

En cas d’incontinence, on ne peut exécuter de pouch anal iléal. Dans ce cas, en plus de l’entièreté du gros intestin et du rectum, l’anus est aussi enlevé avec pose d’un anus artificiel définitif sur la paroi ventrale (iléostomie). Toutefois ceci n’est nécessaire que de façon exceptionnelle.

Avant l’intervention, le patient recevra certainement de son chirurgien toute information complémentaire.

[1] Symphyse: fusion entre deux parties normalement séparées.