• 18 FÉV 16

    WC Asapp : Enquête sur l’accès des toilettes pour le public en Belgique

    Historique de l’application WC ASAPP pour smartphones

    A la fin du mois d’août dernier, avec nos homologues néerlandophones, nous étions conviés à une rencontre dans les locaux de la société pharmaceutique Abbvie pour discuter du projet qu’ils avaient en tête : créer une application pour smartphone dans le but de trouver des toilettes disponibles où que l’on soit en Belgique, par système de géolocalisation. L’idée était séduisante, car bon nombre de patients atteints de MICI sont sujets à diarrhées, parfois très sévères, nécessitant l’usage de toilettes en urgence.

    Plusieurs noms ont été évoqués pour désigner cette application ; finalement, c’est un jeu de mots anglais qui a été retenu : WC ASAPP (a.s.a.p. = « as soon as possible » en anglais et « app » pour application).

    Afin d’informer les médias de cette nouvelle application à l’étude, Abbvie a organisé une manifestation le vendredi 16 octobre 2015. Il s’agissait d’une balade cycliste de 35 km où se sont retrouvés, dans une atmosphère bon enfant, une trentaine de patients des deux communautés ainsi qu’une bonne partie du personnel d’Abbvie. Le circuit partait d’Overijse et passait par Wavre, où nous avons été reçus par Madame Hermal, échevine de la santé, en présence de la presse à qui le projet a été annoncé.

    Mais c’est seulement à l’occasion de la Belgian Week of Gastroenterology, en février 2016, que la mise en service de l’application WC ASAPP a été présentée en conférence de presse, devant une quinzaine de journalistes représentant les grands quotidiens et les principales chaînes de radio du pays. La séance a débuté par une présentation de l’application. Ensuite, pour bien situer le problème que représente la disponibilité des toilettes, les résultats d’une enquête toute récente ont été exposés : comment les propriétaires de toilettes, en principe à disposition du public, réagissent-ils lorsqu’une demande d’accès leur est adressée ?
    Les enquêteurs d’une firme spécialisée, commanditée par Abbvie, ont parcouru des grandes villes réparties dans nos 10 provinces et se sont présentés au hasard dans différents endroits tels que magasins, cafés, restaurants, salles publiques, bureaux… En tout, 573 endroits ont été visités. Les enquêteurs avaient pour mission de noter l’accord ou le refus du propriétaire, avec éventuellement présentation d’un certificat de maladie intestinale, puis d’inspecter la toilette au point de vue propreté et équipement (présence de papier, évier…)

    Globalement, l’accès a été accordé dans 60% des cas, ce qui représente quand même 40% de refus malgré le certificat de maladie présenté. L’image générale n’est donc pas si favorable que nous le souhaiterions. Cependant, les résultats varient d’une région à l’autre du pays : en Wallonie, l’accueil est meilleur qu’en Flandre, l’accès aux toilettes est accordé plus souvent. Par contre, au point de vue propreté et équipement, la Flandre devance la Wallonie. On peut déceler une certaine logique dans ce constat : si un propriétaire de toilette investit pour la maintenir en parfait état, il sera moins enclin à la laisser disponible à toute sollicitation.

    Résultats détaillés de l’enquête

    • Enquêteurs : 72% femmes – 28% hommes
      51% neerlandophones, 49% francophones
    • Types de lieux : magasins (grandes surfaces et autres) 46%
      restaurants 26%
      cafés 15%
      salles (Centres Culturels…) 4%
      autres 3%

     

    • Accès:
      OUI directement : 56%
      OUI après explic :  +4% en moyenne (6,8% si déclaration MICI
      2,5% si urgence passagère)
      NON : 40%

     

    • Accessibilité par villes
    Villes très accessibles        Villes moins accessibles
    1.         Ostende (74%)                Gand (30%)
    2.         Mons (71%)                Hasselt (36%)
    3.         Bruxelles (70%)                Anvers (36%)
    4.         Wavre (65%)                Vilvorde (37%)

     

    Restaurant : oui pour 93% en moyenne ( + 3% si MICI déclarée)
    Cafés                   «        89%          «               + 5%          «                )
    Magasins            «        20%          «               + 3%          «                )

     

    • Toilettes directement disponibles (sans file)
      – OUI : 87% (94% en Flandre et 80% en Wallonie)
      – Attente : 13%

     

    • Qualité globale
      – Bonne à très bonne :  69%
      – Moyenne à mauvaise : 31%

     

    • Qualité globale par ville
         Bon → Très bon     Moyen → Mauvais
    1.         Anvers (100%)          Bruxelles (56%)
    2.         Gand (100%)          Wavre (54%)
    3.         Alost (94%)          Mons (52%)
    4.         Genk (94%)          Namur (43%)
    5.         Louvain (93%)          Nivelles (38%)

     

    Bon à Très bon : 55% en Wallonie
    87% en Flandre
    Moyen à Mauvais : 45% en Wallonie
    13% en Flandre

     

    10)   Propreté / équipement (présence papier)
    – Propre à Très propre : 90%
    Sale à Très sale :          10% (Wavre 23% et Ostende 14%)
    – Présence papier : OUI (90%)
    NON (10%)

     

    11)   Poubelle / évier
    – Poubelle : OUI (96%)
    NON (4%)
    – Possibilité de se laver les mains : OUI (90%)
    NON (4%)
    Pas de quoi s’essuyer les mains (6%)

     

    12) Paiement
    – OUI (avant) : 8%
    – OUI (après) : 1%
    – NON :            91%
    Détail des coûts : 0,3€…..0,5€
    moyenne : 0,4€ en Wallonie
    0,45€ en Flandre

     

    En guise de conclusion :
    – 40% de NON à l’accès aux toilettes, c’est TROP de REFUS !
    – Accès :        meilleur en Wallonie qu’en Flandre
    – Propreté :  meilleure en Flandre qu’en Wallonie
    – Coût :         plus élevé en Flandre qu’en Wallonie
    Les patients demandent, dans l’ordre :
    – accessibilité
    – qualité (propreté / équipement)
    – coût

    Vu le taux de refus (40%) lorsqu’on se présente au hasard, l’application WC ASAPP dégage tout son intérêt !
    Cette application permet également de connaître la qualité des toilettes localisées, donc de choisir (si c’est possible vu l’urgence).

     

    L’enquête a donné une image de la disponibilité des toilettes pour le public en Belgique, et se conclut manifestement par la mention « peut mieux faire… ». Espérons que les choses s’améliorent dans un avenir pas trop lointain !

    Présentation de l’enquête: WC ASAPP – enqûete NL-FR